14/11/2008

Manifeste pour une interdiction du chocolat

Qu’est ce qui pourrait me pousser à exiger de l’OFSP une interdiction totale et immédiate du chocolat sur le territoire suisse ? Ce sont des études très sérieuses effectuées sur le chien qui démontrent que la consommation de chocolat conduit à une intoxication grave voire, dans certains cas, à la mort.  Aucune étude à long terme n’a été faite sur les humains (j’ai vérifié) ; il se pourrait que bien des maux qui affectent notre civilisation moderne soient liés à une consommation chronique de chocolat sur une longue période et sur plusieurs générations. Le principe de précaution doit être appliqué. Vous trouveriez sans doute que j’exagère, mais c’est pourtant bien ce que Greenpeace nous propose ces jours ci.

Greenpeace exige en effet de l’OFSP une interdiction immédiate des aliments obtenus à partir de plantes génétiquement modifiées (PGM-OGM)  « L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) doit absolument agir et supprimer l'autorisation de commercialiser toutes les plantes GM déjà autorisées en Suisse. ». A l’appui de sa demande, Greenpeace fait état d’une étude mandatée par le gouvernement Autrichien et qui a été présentée lors d’un colloque ad hoc ce 11 novembre 2008 à Vienne. Cette étude, selon Greenpeace,  montrerait que «.. des souris nourries avec du maïs GM ont donné naissance à des souriceaux moins nombreux et plus faibles.. » ;  la conclusion, toujours selon Greenpeace, serait que «.. des couples devraient renoncer à leur désir d'enfant parce qu'ils ont été rendus stériles par l'ingestion d'aliments GM. ». On reconnaît là le type de dialectique simpliste pratiquée par cette organisation. 

Mais direz-vous : « cette étude sur les souris, c’est quand même du sérieux !!! ». Disons tout de suite que la méthode utilisée pour rendre publique cette étude est pour le moins étrange et soulève de nombreuses questions. Pourquoi le gouvernement autrichien a-t’il utilisé la voie d’un colloque ad hoc pour communiquer ? Pourquoi cette étude n’a-t’elle pas fait l’objet d’une publication dans un journal scientifique et n’a-t-elle pas été soumise à contrôle et à révision par la communauté scientifique?  Pourquoi n’autorise t’on pas les chercheurs impliqués à divulguer eux-mêmes leurs résultats?  Ces pratiques, que l'on reproche à juste titre à certaines industries ne sont pas tolérables de la part d’une institution publique. S’agirait-il de la part du gouvernement autrichien, notoirement opposé à l’introduction  des OGM dans l’agriculture de l’UE, de mettre dans l’embarras la commission de Bruxelles et de susciter une crise   ? On sait que le temps presse, que les arguments des opposants aux OGM, répétés ad nauseam, ne font plus mouche et doivent être recyclés, trop d'intérêts sont en jeux, ceux de la lucrative filière BIO en particulier.

L’étude elle-même, ou tout au moins ce qui en a été publié sur internet, n’apporte rien de nouveau.  Les différences observées entre diètes avec ou sans OGM (nombre de souriceaux de la 3ème ou 4ème portées) sont minimes et les conclusions hâtivement tirées des résultats obtenus sont basées sur une analyse statistique rudimentaire et inappropriée. Dans le même esprit, on aurait pu tirer de cette étude des arguments en faveurs des OGM comme la plus grande longévité des  souris ayant consommé du maïs OGM, la moins grande mortalité des petits, et le reste à l’avenant. 

Toutes notre sympathie va aux responsables scientifiques de l’étude autrichienne qui, apparemment contre leur gré, ont du se prêter à cette mascarade.  Nous attendons une publication en bonne et due forme dans un journal scientifique.  De toute manière nous sommes des hommes, pas des souris.

Quant à moi pour l’Escalade, foi de genevois, j’achèterai une marmite en chocolat (contenant bien entendu de la lécithine de soja transgénique comme tous les chocolats suisses !).