25/11/2009

Comment gagner un match

Je me rappelle parfois mes années d'enfance d'après la guerre et des dimanches sur le stade de football du Toulouse FC (nous jouions sur le terrain d'entraînement pendant que nos pères regardait le match). C'était aussi une époque Piedsnickelés0001.jpgégayée par la lecture de BD, celles entre autre des Pieds Nickelés. J'ai retouvé dans un vieux carton, le n° consacré au foot: "Les Pieds Nickelés footballeurs". Les techniques utilisées par nos trois héros (Ribouldingue, Filochard et Croquignol) pour gagner un match et contrôler le ballon à proximité des buts étaient autrement plus sophistiquées que celles en usage dans l'équipe de France d'aujourd'hui; elles faisaient appel à la physique et en particulier à l'électromagnétisme qui apparemment faisaient partie du bagage intellectuel de chacun.

Aujourd'hui le manque de culture scientifique, l'ignorance, par la majorité de nos concitoyens, des bases de la physique, de la chimie et de la biologie, le désintérêt des jeunes pour la science et une méfiance endémique envers les scientifiques font que l'on en revient au bricolage improvisé: triste époque. L'agitation quasiment "brownienne" (on vous a mis un lien si vous ne comprenez pas) des milieux politiques lorsque l'on parle de la grippe H1N1, des changements climatiques, des OGM est  amusante à observer mais singulièrement inquiétante pour notre avenir.

Allons secouons-nous, et comme disait Céline: "On vous a assez expliqué, maintenant il faut comprendre" . Notre société ne peut se contenter d'improviser un mouvement de main pour marquer un but, elle doit construire et maintenir un savoir et une pratique pour maîtriser le jeu tant que faire se peut. C'est en particulier dans un soutien à la formation scientifique de la jeunesse que se trouve la solution.

Il est encore possible de gagner des match (même pour le FC Servette, autre souvenir de jeunesse des années 50).

 

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19/09/2009

Mort du père de la « révolution verte »

Norman Borlaug, prix Nobel de la Paix et père de la « révolution verte », vient de décéder le 12 septembre à l’âge de 95 ans. A notre connaissance, la nouvelle n’a pas fait l’objet d’un seul commentaire dans la presse romande. La recherche agronomique moderne et ses impacts sur la production alimentaire ne font manifestement pas partie des sujets intéressants dans notre pays de gens bien (trop) nourris. Serait-ce un mauvais signe ?

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11:20 Publié dans Développement durable, Science | Tags : agriculture, ogm, borlaug, nobel | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

10/08/2009

Petite lecture pour l'été

Il est toujours bon d'avoir, à côté des romans et recueils de poèmes indispensables, un petit livre utile pour les grands débats de la rentrée. Dans ces temps de restrictions budgétaires, inévitables et impopulaires, s'interroger sur le coût réel et les conséquences d'un écologisme à la mode ne fait pas de mal.

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24/05/2009

Le journalisme et le doute

Le journaliste français Jean-Claude Jaillette vient de publier un livre intitulé "Sauvez les OGM". Le fait est suffisamment rare, d'un intellectuel français prenant sa plume pour rétablir certaines vérités au delà de la propagande et du politiquement correct pour que nous y consacrions un article de blog. L'excellente émission de la RSR Médialogues avait d'ailleurs parlé de ce sujet, le 14 mai dernier.

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11:46 Publié dans Médias | Tags : journalisme, ogm, libération, france, rumeurs, désinformation | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

09/05/2009

Pour une nouvelle agriculture biologique

L'agriculture biologique est à la mode. La grande distribution a fait son cheval de bataille de l'alimentation BIO, les cotonnades BIO sont très "fashion". Mais qu'en est-il vraiment sur le terrain? Il apparaît que, figée dans une doctrine (voir plusieurs doctrines), le mouvement BIO a de la peine à innover. La volonté de renoncer à des pesticides "naturels" mais cependant nocifs, la mise en culture de variétés nouvelles résistantes aux maladies ne sont toujours que promesses. Les contraintes idéologiques imposées par une vision fondamentaliste de l'agriculture sont-elles raisonnables? Un livre paru récemment suggère des voies nouvelles.

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04/05/2009

Finis les labours

Il est toujours intéressant pour le rat des champs, habitué à parcourir journellement la campagne avec son chien, de recevoir ses amis rats des villes. Leurs étonnement à la vision de l'agriculture telle qu'elle se pratique aujourd'hui est sans borne. De la ferme à libre parcours avec ses robots de traite automatique jusqu'aux cultures sans labourage il est vrai que beaucoup de traditions sont remises en question. Les jeunes agriculteurs d'aujourd'hui sont sans complexe, prévoyant leur futur dans un monde économique compliqué, engagés dans la perspective d'une agriculture durable, ils investissent, avec courage et intelligence dans de nouvelles techniques avec tous les risques que cela comporte. L'agriculture sans labourage avec semis direct est l'une de ses techniques.

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23/04/2009

Alimentation et démocratie : 3 raisons de ne pas aller à Lucerne

Demain 24 avril 2009 à Lucerne se tient une conférence organisée par les milieux anti-OGM suisses et européens dont le titre est «Alimentation et démocratie ». Vous avez au moins trois bonnes raison de ne pas y aller.

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31/03/2009

Coton bio et coton biotech: durables ?

Helvetas entreprend ces jours-ci une campagne de promotion du coton BIO. Nul ne doute qu'elle sera suivie avec enthousiasme par les grands distributeurs et les marques de tee-shirt et autre costumes de bain (Migros, Reinhart, Switcher, ...). Cela fait plusieurs années que les organismes privés et public de coopération avec les pays en voie de développement encouragent une production de coton conforme aux règles de l'agriculture biologique (cf Helvetas: Guide de production du coton biologique et équitable) . La logique derrière ces initiatives est double:

  • d'une part permettre à de petits producteurs de commercialiser leur production dans une perspective de commerce équitable et donc de bénéficier d'un revenu en dessus de la moyenne locale.
  • d'autre part ménager la santé des paysans et de leur famille par une diminution drastique de l'usage de pesticides et protéger l'environnement par une gestion du sol qui proscrit l'usage des engrais minéraux et favorise le compostage.coton-bio.jpg

On ne peut donc que se réjouir du succès probable de la campagne. Il convient cependant de se demander si tous les buts fixés sont vraiment atteints et si à long terme, obliger par le biais d'une pression commerciale exercée par les consommateurs suisses, des paysans africains ou indiens à se convertir à l'agriculture biologique va dans le sens d'une agriculture durable.

Au Burkina Faso, le coton est une industrie (50 à 70% des recettes d'exportation), mais aussi un problème; la forte variation des cours et de la demande mondiale en font un secteur de l'agriculture très sensible à toutes les perturbations de l'économie mondiale. Il n'en reste pas moins que pour le moment, ce pays a besoin de ces cultures pour équilibrer sa balance de paiements. Les producteurs de coton biologiques sont protégés par les engagements pris par les OGN à leur égard, mais ceux-ci sont bien entendu à la merci de leurs partenaires; d'où la nécessité pour Helvetas de lancer sa campagne publicitaire.

Au Burkina, lieu privilégié de l'action de la coopération suisse, environ 1% du coton est cultivé en "biologique", Helvetas souhaite arriver à 5% ces prochaines années. Le "biologique" est donc manifestement une agriculture de niche. Le coton BIO est payé le double du coton ordinaire. Ce sont essentiellement de petits paysans, souvent des femmes, qui pratiquent ce genre de culture, certains n'avaient même jamais cultivé du coton auparavant. La faible productivité par hectare du coton bio (environ la moitié de celle du coton conventionnel) reste cependant un problème. Une récente étude du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) montre d'autre part une inquiétante baisse de la fertilité des sols, due à l'insuffisance d'apport d'engrais minéraux (en particulier potassium), apport limité par les règles draconiennes de l'agriculture biologique  (cf. Le coton biologique en question dans les exploitations familiales d'Afrique).

Le Burkina présente une autre particularité qui en fait un cas d'école: c'est le premier pays africain après l'Afrique du Sud à cultiver du coton transgénique (variétés à double résistance vis à vis des lépidoptères ravageurs). 2% environ des surfaces de coton sont cultivées (2008-2009) en coton Bt; à titre de comparaison en Inde ce sont plus de 60% des surfaces qui sont cultivées en coton Bt. Les projections pour 2009-2010 seraient pour le Burkina de décupler ces surfaces. Selon les agriculteurs concernés, la diminution du nombre de traitements (1 à 2 contre 6 à 8 pour le coton conventionnel) conduit en fin de compte à une marge bénéficiaire plus importante malgré le prix plus élevé des semences. La diminution du nombre de traitements insecticides correspond aussi à une meilleure situation sanitaire des agriculteurs et de leur famille et à un plus pour l'environnement.

Il n'y a donc pas de solution miracle pour le coton. Les limites de la production biologique sont connues, le potentiel des nouvelles variétés de coton OGM est réel. L'Afrique deviendra peut-être le lieu d'une vraie réflexion sur l'agriculture durable. Une agriculture dont on peut imaginer qu'elle sera une combinaison intelligente de l'agriculture bio, mais un bio débarassé de sa composante dogmatique (cf. argumentaire contre le coton Bt à l'usage du paysan africain), et d'une agriculture biotech. Ce sera bien sûr aux africains d'en décider, ni aux européens ni aux suisses.

Rappelons ici par la même occasion que nous sommes en 2009: l'Année internationale des fibres naturelles.

 

14:40 Publié dans Science | Tags : paysan, afrique, inde, coton, burkina-faso, helvetas agriculture biologique, bio | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

23/03/2009

Etes-vous "pour les OGM" ? Ni POUR ni CONTRE, bien au contraire

Cette manière bien vaudoise de se moquer d'un poseur de (mauvaise) questions pourrait bien s'appliquer au débat sur la culture de plantes transgéniques. Les scientifiques suisses sont opposés à une prolongation du moratoire sur l'utilisation des OGM dans l'agriculture, ils demandent une approche raisonnée et intelligente des problèmes posés par la sélection des nouvelles variétés de plantes cultivées; du coup, pour la gauche et la droite écologique qui s'approvisionne au même râtelier d'information, si ils ne sont pas CONTRE, ils doivent être POUR. C'est évidemment plus simple, cela permet de disposer de cette argumentation binaire, simple et si chère aux politiques. Les bons d'un côté et les mauvais de l'autre.

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17:24 Publié dans Science | Tags : ogm, blé, riz, pully, agriculture | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

12/01/2009

Souveraineté alimentaire et maîtrise technologique

L'histoire nous enseigne que la maîtrise des technologies a toujours été un facteur essentiel dans le succès des sociétés humaines. Apparemment ce qui fut dans les temps passés une preuve de sagesse politique, un signe de la prévoyance des gouvernements et du soucis que les dirigeants avaient de leur peuple et devenu aujourd'hui, dans ce monde "post-moderne", inacceptable. Il est de bon ton de verrouiller le système, d'interdire chaque fois que cela est possible et surtout lorsque une technologie concerne l'agriculture. Aujourd'hui, c'est au tour du gouvernement neuchâtelois d'entrer dans le système de pensée unique de notre temps.

Dans un document daté du 6 janvier 2009, le Conseil d'Etat Neuchâtelois propose en effet au Grand Conseil de déclarer le canton "canton sans OGM" soit en substance : "Dans les limites de la législation fédérale, l'Etat veille à assurer la souveraineté alimentaire en excluant les organismes génétiquement modifiés de la production des aliments, des végétaux et des produits destinés à protéger les plantes et soigner les animaux".

Dois-t'on voir là la patte de Fernand Cuche, ancien dirigeant d'Uniterre et anti-OGM notoire, ou est-ce pire? Ne soyons pas trop pessimiste. Saluons tout d'abord l'intelligence des autorités neuchâteloises qui se gardent de tomber dans le piège (tendu par Greenpeace - voir ICI) et affirment clairement que "Aucune altération tangible de la santé par l'ingestion d'aliments provenant de plantes ou d'animaux OGM n'est démontrée aujourd'hui, même sur une durée de 30 ans. La crainte d'altérer sa santé par la consommation de produits OGM est sans réel fondement .......". En ce qui concerne les risques environnementaux supposés des OGM, le canton s'en remet à la législation fédérale. Tout cela est fort bien et l'on sent que le Conseil d'Etat a écouté les scientifiques de son Université (qui est aussi le siège d'un pôle national de recherche sur les végétaux).

Paradoxalement, c'est la notion de souveraineté alimentaire qui est au centre de l'argumentation. En faisant sienne les positions du lobby anti-OGM le gouvernement neuchâtelois utilise un argument répété "ad nauseam" par celui-ci, à savoir que Monsanto et autres Syngenta, vont détruire notre agriculture et par leur position monopolistique mettent en danger le "libre accès aux semences". Cet argument est de nature strictement idéologique & dogmatique et ne résiste pas à l'analyse de la situation suisse en particulier.

Assurer une souveraineté alimentaire consiste en la maîtrise de toute la chaîne de production alimentaire. Il s'agit de rendre notre agriculture la plus performante possible et capable d'assurer une production de qualité et ceci, en quantité suffisante. La maîtrise des méthodes de la sélection végétale et en particulier des méthodes de production de plantes génétiquement modifiées est donc une nécessité. En proposant de supprimer l'option OGM un gouvernement prive donc ses agriculteurs de l'accès à l'une des méthodes les plus efficaces et prometteuse de sélection végétale, sans leur offrir de contrepartie. Le mythe des semences de ferme, à savoir les semences produites par l'agriculteur lui-même, a la vie dure. Aujourd'hui l'agriculteur dépend déjà du sélectionneur qui, lui dépend des généticiens et autres spécialistes de haut-niveau. Semer ses propres semences d'année en année, n'est plus, sauf rares exceptions, une option valable pour l'agriculteur contemporain.

A quoi se sont donc acharnés les milieux anti-OGM suisse de tout poil ces dernières années? A décourager tout investissement dans la recherche publique sur les OGM, à empêcher par tout les moyens, les chercheurs des Stations de Recherche Agronomique, de l'EPFZ et des Universités de développer des plantes résistantes aux maladies (pomme-de-terre, blé). Ils ont conspués nos collègues de l'EPFZ qui ont développé le riz-doré enrichi en pro-vitamine A. On veut nous faire croire aujourd'hui que nous sommes le jouet des multinationales, mais nous l'avons bien cherché. A force de créer des obstacles de plus en plus insurmontables pour la recherche publique, nous avons en effet mis notre avenir en danger.

Nous avons encore le potentiel de recherche agronomique suffisant et nous pouvons le mettre à disposition des besoins de l'agriculture, encore faut-il ne pas fermer toutes les portes. La proposition du gouvernement neuchâtelois va malheureusement dans ce sens: elle est d'un autre âge.

 

11:30 Publié dans Science | Tags : ogm, neuchâtel, semences, agriculture, biotechnologie | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |