01/03/2010

Une agriculture BIO - OGM ?

La prolongation du moratoire anti-OGM est au menu de la session de printemps du Conseil national. Cette prolongation est sans doute acquise  vu les forces en présence ; cela ne devrait pas empêcher nos élus de se poser des questions et de regarder un peu plus loin que la ligne bleue des Alpes.

Le succès des plantes OGM dans les pays en voie de développement déstabilise fortement le discours des milieux anti-OGM. Le cas des variétés de coton Bt résistantes au vers de la capsule qui causent des pertes considérables dans les cultures conventionnelles et biologiques est particulièrement frappant.

 

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02/12/2009

Ostentation

La pratique ostentatoire d'une religion, quelle qu'elle soit, est étrangère à la Suisse. C'est bien le sens qu'il faut donner, ni plus ni moins, à la décision du peuple de refuser la construction de minarets.

Nos concitoyens catholiques ont du en faire l'expérience, eux qui se sont vu refuser couvents, nouveaux évêchés jusqu'à la fin du 20280px-MahometFanatisme.jpgème siècle. Aujourd'hui ils résistent avec conviction à certains "ukase" de Rome; ils sont devenus plus suisses que "romains".

Cette décision du peuple, même si sa portée devait être limitée par des actions juridiques, aura le même effet sur nos concitoyens musulmans. Elle va leur donner le courage de rejeter les scories d'un islam intégriste et d'assumer une conviction religieuse personnelle et intime débarassée de ses signes extérieurs ostentatoires, provocants et inutiles.

Paradoxalement, c'est peut-être l'esprit de tolérance qui y gagnera. Il sera alors possible dans un proche avenir de remettre en scène la pièce de Voltaire "Mahomet" qui fut, de triste mémoire, interdite à Genève, il y a une dizaine d'années. Les autorités de l'époque avaient niés avoir été mises sous pression pas les responsables musulmans. Voltaire y dénonçait le fanatisme; c'est bien ce qui a été dénoncé lors du vote de dimanche, malgrès les inévitables ambiguités d'une réponse univoque donnée à une question simpliste.

Le fanatisme n'est d'ailleurs pas une spécificité de l'islam, il contamine toutes les religions; nous avons nos évangélistes créationistes et nos intégristes d'Ecône; nos amis israélites ne sont eux-même pas en reste.

 

Sarkosy s'inspire de notre billet de blog et parle d'ostentation voir ici :  http://www.tdg.ch/actu/monde/monde-nicolas-sarkozy-vole-s...

 

25/11/2009

Comment gagner un match

Je me rappelle parfois mes années d'enfance d'après la guerre et des dimanches sur le stade de football du Toulouse FC (nous jouions sur le terrain d'entraînement pendant que nos pères regardait le match). C'était aussi une époque Piedsnickelés0001.jpgégayée par la lecture de BD, celles entre autre des Pieds Nickelés. J'ai retouvé dans un vieux carton, le n° consacré au foot: "Les Pieds Nickelés footballeurs". Les techniques utilisées par nos trois héros (Ribouldingue, Filochard et Croquignol) pour gagner un match et contrôler le ballon à proximité des buts étaient autrement plus sophistiquées que celles en usage dans l'équipe de France d'aujourd'hui; elles faisaient appel à la physique et en particulier à l'électromagnétisme qui apparemment faisaient partie du bagage intellectuel de chacun.

Aujourd'hui le manque de culture scientifique, l'ignorance, par la majorité de nos concitoyens, des bases de la physique, de la chimie et de la biologie, le désintérêt des jeunes pour la science et une méfiance endémique envers les scientifiques font que l'on en revient au bricolage improvisé: triste époque. L'agitation quasiment "brownienne" (on vous a mis un lien si vous ne comprenez pas) des milieux politiques lorsque l'on parle de la grippe H1N1, des changements climatiques, des OGM est  amusante à observer mais singulièrement inquiétante pour notre avenir.

Allons secouons-nous, et comme disait Céline: "On vous a assez expliqué, maintenant il faut comprendre" . Notre société ne peut se contenter d'improviser un mouvement de main pour marquer un but, elle doit construire et maintenir un savoir et une pratique pour maîtriser le jeu tant que faire se peut. C'est en particulier dans un soutien à la formation scientifique de la jeunesse que se trouve la solution.

Il est encore possible de gagner des match (même pour le FC Servette, autre souvenir de jeunesse des années 50).

 

10/08/2009

Petite lecture pour l'été

Il est toujours bon d'avoir, à côté des romans et recueils de poèmes indispensables, un petit livre utile pour les grands débats de la rentrée. Dans ces temps de restrictions budgétaires, inévitables et impopulaires, s'interroger sur le coût réel et les conséquences d'un écologisme à la mode ne fait pas de mal.

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23/04/2009

Alimentation et démocratie : 3 raisons de ne pas aller à Lucerne

Demain 24 avril 2009 à Lucerne se tient une conférence organisée par les milieux anti-OGM suisses et européens dont le titre est «Alimentation et démocratie ». Vous avez au moins trois bonnes raison de ne pas y aller.

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30/08/2008

On rase gratuit

Les événements du Caucase n’ont pas affecté le prix du brut. C’est rassurant, car cela montre que la confiance règne, et que, malgré les discours enflammés, tout le monde considère que la Russie n’ira pas plus loin et que l’oléoduc de la Caspienne n’est pas menacé. Entre gens sérieux on se comprend à mi-mot.

Il faut toutefois ne pas croire que le prix de l’or noir  va en rester là, un retour en arrière n’est plus possible et à l’exception de fluctuations saisonnières, le prix va augmenter ; même les plus acharnés partisans de la bagnole à tout prix l’admettent et envisagent le pire. Il n’en fallait pas plus pour que depuis environ une année, les bons apôtres du « il n’y a qu’à » s’en réfèrent aux carburants de substitution, biocarburants par-ci, hydrogène par là, c’est un foisonnement d’idées.

L’hydrogène a du plomb dans l’aile, car à part quelques applications ciblées, on imagine mal monsieur  tout-le-monde faire rouler sa voiture à l’aide d’un combustible si cher à produire (à coup d’électricité nucléaire bien entendu). Quelques collègues rêvent de produire de l’hydrogène avec des bactéries photosynthétiques ou des chimio-bactéries thermophiles, mais je doute qu’une telle production n’atteigne jamais l’échelle industrielle souhaitée.

Les biodiesel, biogaz et autres produits de la fermentation des résidus de l’agriculture ont par contre le vent en poupe. Il est certain que des progrès techniques majeurs des processus de fermentation vont voir le jour, on peut encore optimiser les rendements énergétiques des biotransformations. Toutes les méthodes de production de biocarburants sont basées sur une dégradation de la cellulose et des molécules apparentées, voire des lipides d'origine agricole. Les recherches sur la dégradation de la lignine produisent déjà des résultats intéressants. Cette dernière doit cependant, comme la cellulose, être considérée comme un bien précieux; ses produits de dégradation naturels (les acides humiques) contribuent à la formation du complexe argilo-humique constituant fondamental de la bonne structure d'un sol et donc finalement de sa fertilité. Tout prélèvement de lignine aura donc un coût écologique dont il faudra tenir compte. Il n'est pas certain non plus que le bois et les déchets forestiers puissent être une source de carburant compétitive, leur utilisation pour la construction ou pour le chauffage est certainement prioritaire. Il nous faut absolument laisser l’usage des biocarburants en priorité à l’agriculture sachant que pour une agriculture mixte en plaine il faut pour satisfaire les besoins propres à l’exploitation consacrer environ 10% des surface cultivées, voire plus,  à la production de carburants ( voir : ICI). Il faut ajouter à cela le transport et la transformation des céréales, oléagineux, et autres en produits finis. On voit donc  qu’il ne restera pas grand-chose pour faire rouler notre chère voiture. Au prix où l'on va devoir payer les engrais, le lisier et autres déchets animaux vont aussi devoir être réservés à la fertilisation des sols, inutile de trop rêver de biogaz.

L’idée farfelue qui voudrait que chaque être humain (nous sommes déjà plus de 6 milliards) puisse consommer l’équivalent énergétique de ce que consomme un citoyen suisse, est déjà abandonnée. Nous allons devoir revenir, au minimum, à un mode de vie qui a été celui d'il y a 50 ans, après la guerre.  La vie n’était pas facile mais elle n’était pas désagréable : on voyageait peu, on ne mangeait de la viande que le dimanche et on gardait longtemps les mêmes vêtements. Nous vivions mieux que la plus grande part de l’humanité d’aujourd’hui. On ne rasera plus gratuit: c'est bien fini.