21/03/2014

Que nous coûte la propagande anti-OGM ?

Le 13 mars 2014 ont été semées en champ, pour les tester, des variétés de blé transgénique résistantes aux maladies fongiques. Conformément aux recommandations figurant dans le rapport final du « Programme National de Recherche 59 » les recherches en champ sur les PGM (plantes génétiquement modifiées) se poursuivent. L’Union Suisse des Paysans l’a bien compris qui demande que l’on encourage la recherche publique, seule en mesure de répondre aux réels besoins de l’agriculture. Il n’en a pas fallu plus pour que l’organisation militante StopOGM se fende d’un communiqué qualifiant de coûteux et sans objet ces travaux de recherches publiques. En fait StopOGM et autre Greenpeace sont largement responsables des énormes surcoûts engendrés par leur opposition systématique aux PGM. 


Les essais en champ de Reckenholz vont coûter cette année environ un demi-million de francs : 50’000 CHF seulement pour la recherche et 500'000 CHF, soit 10x plus, pour la sécurité. Ces mesures de sécurité ne sont pas liées à la culture de PGM elle-même, mais à la protection de ces cultures contre des vandales encouragés  par les milieux anti-OGM. Ce sont les actions systématiques de propagande stupide de StopOGM qui engendrent ces coûts supplémentaires. On me répondra qu’il n’y a pas de lien direct entre la stratégie de dénigrement systématique des OGM et vandalisme ; c’est peut-être vrai juridiquement, mais dans la pratique le lien est évident. Les ténors de la lutte anti-OGM ne s’en cachent d’ailleurs pas. Josef Zysiadis lui-même ne s’est-il pas, ostensiblement et à grand renfort de publicité, entraîné au fauchage de blé OGM dans le beau domaine du château de Denens ? La molle désapprobation des responsables socialistes et verts lors du saccage des essais en champs du PNR 59 n’a d’ailleurs échappé à personne.  Tout ce beau monde est responsable des coûts additionnels engendrés par ces mesures de sécurité.

On sait aujourd’hui, au travers de plusieurs études, que les coûts directs de la propagande anti-OGM et les coûts indirects engendrés par cette opposition systématique sont importants.  Nous ne connaissons pas les budgets des membres de StopOGM, mais nous savons que Swissaid, qui pourrait utiliser son argent à de meilleures causes, a organisé  ces dernières années de très nombreux et fort coûteux colloques visant à dénigrer le développement des PGM (on parle pour certains de montants supérieurs à 100'000 CHF) avec conférenciers militants soigneusement choisis, idéologiquements corrects et sans doute fort bien défrayés.

Le développement de nouvelles variétés végétales résistantes aux maladies et aux ravageurs est une nécessité ; La transgénèse,  comme les méthodes plus classiques de la génétique, fait partie d’une stratégie raisonnable et ne doit être abandonnée sous aucun prétexte. La recherche publique doit reprendre la place laissée aux multinationales en partie par la faute des campagnes d’opposition et de dénigrement des PGM. Les attaques contre les travaux de recherche de l’EPFZ, des Universités et de l’Agroscope sont de toute évidence l’œuvre d'idéologues sans scrupules.

A voir le succès des PGM dans le monde on doit constater que le combat du lobby anti-OGM est déjà perdu, car il est fondé sur des aprioris essentiellement idéologiques et ne peut amener à des solutions durables. Il s’éteindra lentement dans nos pays riches où les consommateurs, intoxiqués par la propagande, n’ont pas encore pris conscience de la valeur réelle des produits de l’agriculture et où celle-ci est considérée comme une activité folklorique. Heureusement, la Suisse se distingue favorablement des pays voisins, et de la France en particulier, par une politique d’encouragement à la recherche publique consacrée au développement et à l’utilisation des PGM ; c'est une politique qui tient effectivement compte des besoins futurs de notre agriculture, elle doit bénéficier du soutien de tous.  

 

Commentaires

"La recherche publique doit reprendre la place laissée aux multinationales en partie par la faute des campagnes d’opposition et de dénigrement des PGM."
C'est sur ce point que le seul combat raisonnable devrait se porter et non sur un illusoire refus total de tout progrès.

Écrit par : Mère-Grand | 21/03/2014

Effectivement les mesures anti OGM coûtent cher, ce qui exclut les petites entreprises semencières de faire des recherches sur la transgénèse. Cela coûte aussi la vie aux millions d'enfants qui meurent du fait que le riz doré transgénique est interdit sous la pression de Greenpeace...Quel est donc le but caché de ces opposants aux OGM ?

Écrit par : Gilook | 22/03/2014

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