26/09/2012

OGM : Bonnes nouvelles à propos du manioc

Il est bon, après le temps perdu à analyser le show médiatique et la médiocre science de l’inénarrable professeur Séralini, de passer aux choses sérieuses qui se réalisent en Suisse loin du tohu-bohu franco-français. Ici c’est le souci d’aider les paysans, de soulager des hommes et femmes qui travaillent qui prévaut et non celui de promouvoir une idéologie bon marché.  C’est aussi l’occasion de démontrer que les travaux de recherche sérieux et indépendants peuvent et doivent être publiés dans des revues à accès libre et présentés sans tapage médiatique


La TDG se fait l'écho d'un article du journal PlosOne, paru hier et que chacun peu consulter librement.

Une équipe du département de biologie de l’ETHZ (Ecole polytechnique fédérale de Zürich) vient de développer une nouvelle variété de manioc résistante à deux virus. Ceci en toute indépendance des firmes semencières et dans le but de fournir aux sélectionneurs locaux et finalement aux paysans les semences dont ils ont besoin pour faire leur travail.

Le manioc est un élément essentiel  de la nutrition et de l’apport énergétique dans les régions tropicales ; tout progrès qui peut mettre les cultures à l’abri des maladies et donc bienvenu. Les virus sont propagés par des insectes piqueurs; on utilise aujourd’hui des insecticides (à proscrire) ou, le cas échéant des techniques de cultures complexes et qui n’offrent dans les meilleurs des cas qu’une protection partielle et temporaire. Notre bonne connaissance du génome de manioc (Cassava en anglais) a permis de mettre en évidence les gènes de résistance à 2 virus importants. Si l’on devait utiliser les méthodes conventionnelles de la sélection végétale pour introduire ces gènes dans des variétés cultivées de manioc et compte tenu de la biologie pariculière de cette plante, il faudrait compter entre 10 et 15 ans. Dans ce cas, l'usage du génie génétique qui permet le transfert rapide du gène de résistance au virus A dans une plante déjà résistante au virus B, se justifie donc pleinement. Transférer un gènes du manioc dans le manioc c'est ce qu'ont réalisé avec succès les chercheurs du Poly de Zürich. Nous avons donc maintenant entre les main un manioc capable de résister sans traitement, sans soins particuliers et simultanément à deux virus redoutables et agressifs. Reste aux sélectionneurs africains à faire leur travail en testant ce nouveau manioc en champs et en créant d'autres variétés résistantes avec les techniques mises au point à Zürich. Pour ceux qui voudraient plus de détail sur ces travaux vous pouvez consulter la page internet des auteurs de l'article.

On ne le répétera jamais assez, les chercheurs suisses sont, non seulement des pionniers et des leaders des biotechnologies végétales, mais se sont aussi des gens qui travaillent en toute indépendance loin des pressions de l’industrie semencière. Ils méritent mieux que les insultes de quelques activistes, ils ont besoin d'un soutien sans faille de ceux qui pense encore que l’agriculture n’a pas pour seule vocation de jardiner le paysage pour le plaisir de quelques citadins bien nourris mais bien de produire de la nourriture.  

Commentaires

En tant que (micro-)activiste, je ne me souviens pas avoir insulté les chercheurs suisses du secteur public. Ou alors mon insulte était une réponse à une autre insulte, comme pour "l'étude" de compilation des études toxicologiques sur la santé du PNR59 (soit une toute petite partie de ce projet), qui est une belle fumisterie. Mais c'est certainement la seule interpellation de ma part qui ressemble vaguement à une insulte.

Concernant votre dernier paragraphe encore, je veux bien croire que les chercheurs suisses sont compétents en biotech, et tant mieux. De là à dire qu'il "travaillent en toute indépendance loin des pressions de l’industrie semencière", c'est comme si un banquier suisse affirmait que tous les banquiers suisses sont éthiquement responsables.

Comment pouvez-vous l'affirmer pour tous les chercheurs ? On est en Suisse, c'est un joli pays, mais un pays normal avec ses spécificités. "Y en a point comme nous", je n'y crois pas. Par quel miracle le lobbyisme et l'argent de Monsanto, Syngenta et consorts resteraient bloqués à la frontière ?

Ceci dit, je ne pense pas que tous les chercheurs sont achetés, loin de là. Mais c'est comme dans toutes les professions. Il y a de tout. C'est la nature humaine.

Pour revenir à ce manioc modifié: c'est certes intéressant. Déjà, si j'ai bien compris, il s'agit de gènes de la même plantes. En imaginant que des tests sérieux à long terme soient effectués et concluants, je ne verrais pas d'arguments techniques opposés à une diffusion.

Reste à savoir comment il serait commercialisé et s'il serait protégé par des brevets. Savez-vous ce qu'il en serait ?

Écrit par : Fufus | 29/09/2012

Bien entendu, j'ai constaté, Fufus, que vous étiez un homme civilisé et je crois n'avoir jamais reçu d'insultes de votre part.
Par contre, que nous soyons insultés systématiquement "ad personam" par les groupes d'activistes anti-OGM est un fait. Certains de mes collègues ont été vandalisés, des attaques ont été menées contre leurs biens et nous avons tous reçu des menaces diverses.
C'est la vie, et souffrez que parfois je me révolte contre cette situation qui est aussi entretenue par le climat "négationniste" qui prévaut dans ce débat.

Écrit par : Lerupestre | 29/09/2012

Mon cher Monsieur. toujours est-il que personne ne peut prévoir les risques liés en lâchant dans la nature des séquences ADN !

Quand vous pourrez affirmer que cela ne pose aucun risque, alors là, nous pourrons en reparler !!!

Écrit par : Corto | 01/10/2012

C'est fou le nombre de virus depuis que les cultures OGM envahissent la planète !

Quant à cette nouvelle forme de colonialisme où l'on montre aux petits noirs d'Afrique comment faire, c'est sure, que depuis que les blancs ont débarqués dans ce continent, c'est le paradis !!!

Écrit par : Corto | 01/10/2012

Nos amis africains, si ils lisent ce blog seront effectivement édifiés de vous entendre les appeler «petits noirs d’Afriques ». Cette condescendance est assez répandue chez nous, en particulier dans les milieux tiers-mondistes où l’on considère que notre devoir est toujours d’aller éduquer ces pauvres ignorants et de les prémunir contre les dangers de notre civilisation. Ce que les africains demandent, car ce sont des hommes comme vous et moi, c’est qu’on les traite avec respect et en égal. J’ai non seulement eu affaire au cours de ma carrière à plusieurs de ces « petits noirs d’Afriques », des hommes et des femmes brillants, qui sont aujourd’hui à la tête d’équipes de recherche agronomiques et qui n’attendent pas qu’on leur dicte la façon de gérer leur agriculture. Quand mes collègues de Zürich développent une nouvelle variété de manioc, c’est bien entendu, et si vous m’aviez bien lu vous l’auriez compris, à la demande et en collaboration avec des centres de recherches africains au Kenya et ailleurs.
Quant aux virus des végétaux, très méchant ou inoffensifs, dont vous semblez ignorer l’existence, ils sont là depuis la nuit des temps, OGM ou pas OGM.

Écrit par : LeRupestre | 02/10/2012

Vous avez raison Corto, il faut mieux prendre le risque bien établi de laisser crever de faim ces pauvres habitants des tropiques qui ont tort de manger du manioc que de prendre un risque éventuel avec de l'ADN.
Mais je vais être positif, je puis vous donner comme exemple d'absence de risque les cultures de papayes transgéniques résistantes à un virus qui détruit les plantations (papaya ringspot virus (PRSV)). Ces cultures sont en place à Hawaï depuis 1998, et ceci sans AUCUN problème. De plus, les variétés végétales de papaye-OGM résistantes sont la propriété d'une Université et des association de planteurs (pas de méchant Monsanto à l'horizon). Ces cultures OGM ont aussi protégé les quelques cultivateurs "bio" de l'île en diminuant drastiquement les foyers de contamination.

Écrit par : Lerupestre | 01/10/2012

si l'on sait les différents peuples obligés de quitter leurs terres pour insuffisance alimentaire,le Soja qu'ils sont obligé de cultiver pour les biocarburants ou nourrir notre bétail les privant de leur aliment essentiel le manioc,y'a de quoi rester songeur!

Écrit par : lovsmeralda | 01/10/2012

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