14/10/2010

Tunnel: ouverture ou enfermement

Un tunnel suisse qui va être percé, des ouvriers chiliens enfermés dans une mine et qui en sortent: les événements favorisent les métaphores. La Suisse est coutumière de ces drames idéologiques renfermement - ouverture, renfermement - ouverture et ça continue. Demain, fêtons l'ouverture !


gothardcartemap.jpgJe viens de relire ce petit texte de littérature ferroviaire " Le drame de l' Express du Gothard " d'Emilio Geiler ( Editions Payot - Lausanne / 1942 ) - On en parle dans une thèse de doctorat "Materialising identity" consacré à la construction de l'identité suisse et dans le livre de M. Chlastacz "Les trains du mystère" (Edition de l'Harmattan / 2008) dont voici un extrait:

"À la suite d'un double éboulement, un express est bloqué dans l'un des nombreux tunnels hélicoïdaux de la ligne du Gothard, la « Grandîosa». Alors que l'impressionnante machinerie des secours se met en place à l'extérieur, l'équipe du train s'organise pour faire tenir les voyageurs, un groupe de soldats présents dans le convoi apportant son aide. L'évolution de la situation est décrite avec un luxe de détails techniques, y compris ceux du fonctionnement de la presse à sensations d'alors caractérisé par la cohue fébrile des nombreux envoyés spéciaux. L'irruption de voleurs dans le fourgon à bagages du train bloqué bouscule la situation. D'autant qu'il y a eu un échange de coups de feu et qu'un soldat est blessé. L'un des voleurs mourra, les autres se volatiliseront. Le mort est l'un des voyageurs : il fait partie d'une équipe de football qui occupe plusieurs compartiments et dont l’indiscipline persistante menaçait déjà de déstabiliser la communauté des reclus... En fait de footballeurs, il s'agit d'une équipe de malfrats, tous spécialistes du vol d'objets d'art. Car dans le fourgon du train se trouve un tableau célèbre de Murillo expédié de Milan à Zurich pour une exposition : il devait être dérobé discrètement durant la traversée d'un tunnel avant d'être découpé puis remis à un complice en gare d'Ertsfeld, à la sortie Nord de la ligne du Gothard. Et les faux footballeurs devaient tranquillement repartir de cette même gare par un train descendant vers le Sud. C'était compter sans la vigilance des cheminots et des soldats... pour que tout soit bien qui finisse bien !"

A rééditer et à rajouter au mythes de l'hélvétitude.

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