28/06/2010

Néo-colonialisme idéologique

Lorsque qu'une organisation non-gouvernementale, par ailleurs largement subventionnée par la Confédération, s'occupe d'aider les paysans des pays en voie de développement, au travers d'une politique de formation, d'un encadrement technique adéquat et de la mise en place d'un cadre financier, c'est bien, elle fait son travail et cela mérite d'être encouragé.

Lorsqu'on lit dans le rapport annuel 2009 de cette même ONG la phrase suivante : ... "Enfin, une collaboration dans le domaine de la résistance au génie génétique et pour une agriculture durable a été initiée en Inde avec l'organisation hollandaise HIVOS", l'on se pose vraiment des questions sur le but poursuivi par les responsables de celle-ci. Depuis quand, encourager et soutenir la résistance aux cultures OGM fait-elle partie de l'aide au développement?

Que l'on milite en Suisse pour faire de ce pays riche, importateur net de denrées alimentaires, une région sans OGM, passe encore; après tout, nous pouvons effectivement très bien nous passer des progrès de la génétique agricole, notre argent nous met à l'abri, nous pouvons ponctionner sur le marché mondial les produits alimentaires dont nous avons besoin, nous pouvons spéculer sur les prix du riz et du blé. Mais que l'on compromette l'avenir de pays qui doivent améliorer leur productivité agricole, protéger l'environnement et en même temps acroître les revenus de leurs paysans au nom d'une idéologie partisane est inadmissible. Que l'on utilise le peu d'argent disponible pour l'aide au développement pour promouvoir un agenda politique (car c'est bien de cela dont il s'agit) cela devient totalement immoral et doit être condamné avec la plus extrème sévérité. Il est déjà assez grave que nous compromettions le dévelopement des pays du tiers monde en exigeant d'eux et de leur paysans qu'ils nous fournissent des produits sans-OGM "non-contaminés", les empèchant ainsi de choisir librement leurs propres méthodes agricoles.

Quand certains, dans les milieux tiers-mondistes, parlent d'éthique c'est toujours pour les autres apparemment. Swissaid (car c'est bien de cette ONG dont il s'agit) exporte des produits idéologiques indignes, il serait bon que ses dirigeants fassent leur examen de conscience en toute urgence. Ce néo-colonialisme idéologique ne vaut pas mieux que le vieux colonialisme du 19ème siècle et surtout pas mieux que le colonialisme industriel des firmes multinationales.