25/11/2009

le prix du choix

Quel point commun y a-t-il entre le prix du lait et l'augmentation des primes d'assurance?


Aucun, direz-vous; pas si sûr! Allez donc au rayon laiterie de votre grand distributeur alimentaire. Qu'y trouvez-vous: 80 sortes de yogourts !!! Que faites-vous et qui êtes-vous? Répondez, êtes-vous pour la réponse 1) ou la réponse 2) ?

  1. Je suis très content, j'ai le choix entre un yogourt BIO et un "Budget", "Prix Garanti" et je puis même m'offrir un LC1 avec effet pro-biotique, un à la mangue poivrée et un autre au salsifis bucolique.
  2. Je suis paniqué, je veux simplement un yogourt nature comme je le faisais à la maison quand j'avais le temps.

Dans le premier cas vous êtes en parfait accord avec toutes les théories du consumérisme et du libéralisme-capitaliste contemporain: plus il y a de choix mieux c'est. Laissez le marché réguler tout ça; ça fonctionne si bien; de plus vous croyez à la pub et il y a des tas de gens qui vivent de ça. Dans le deuxième cas vous êtes un original, restez chez vous et faites à nouveau vos yogourts vous-même;  vous êtes un mauvais consommateur et qui sait peut-être un des agents involontaires de la crise actuelle.

En fait le problème se résume à ceci: le coût de fabrication de multiples variantes compliquées d'un objet simple est un multiple du coût de fabrication de cet objet, le fabricant va donc devoir faire payer cette augmentation aux deux côté de la chaîne de production:

  1. Aux paysans producteurs d'abord, ce sera facile puisque quasi monopole il y a.
  2. Au consommateurs ensuite mais là il faut veiller à ne pas tuer la poule aux oeufs d'or et à ne pas décourager le chaland, donc prudence avec les prix. Quoique avec le BIO vous pouvez y aller.

Et puis il faut bien engranger un petit bénéfice en passant.

Pour les assurances maladies la situations est la même. On vous fait croire d'abord que plus l'offre est variée, plus il y a de choix et plus avez de raisons d'être satisfait et heureux. On oublie de vous dire que cette multiplication de l'offre s'accompagne d'une augmentation des coûts. Vous n'êtes pas convaincus ? Imaginez-vous : des dizaines de systèmes informatiques à maintenir en fonctionnement, des juristes bien payés pour veiller au grain, des bureau de publicité pour vendre mieux, des démarcheurs pour vous appâter lors du grand raoût de fin d'année. Et vous croyez encore que tout cela ne coûte rien. Allons allons, cher consommateur, vous êtes vraiment convaincu.

Là encore cher patient on vous plume, c'est facile puisque l'assurance est obligatoire et que vous n'avez pas le choix de rester en bonne santé ou de tomber malade. De l'autre côté de la balance on essaye de faire pression sur le système de santé, c'est plus difficile, mais on y arrive: suppression d'hôpitaux, numerus clausus des médecins et j'en passe.

Faîtes vos yogourts vous même (achetez le lait à la ferme d'à côté si vous pouvez), militez pour la caisse unique et à vôtre santé!

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