09/05/2009

Pour une nouvelle agriculture biologique

L'agriculture biologique est à la mode. La grande distribution a fait son cheval de bataille de l'alimentation BIO, les cotonnades BIO sont très "fashion". Mais qu'en est-il vraiment sur le terrain? Il apparaît que, figée dans une doctrine (voir plusieurs doctrines), le mouvement BIO a de la peine à innover. La volonté de renoncer à des pesticides "naturels" mais cependant nocifs, la mise en culture de variétés nouvelles résistantes aux maladies ne sont toujours que promesses. Les contraintes idéologiques imposées par une vision fondamentaliste de l'agriculture sont-elles raisonnables? Un livre paru récemment suggère des voies nouvelles.


Des aliments génétiquement modifiés certifiés BIO sur notre table? Comment les progrès de la génétique pourraient-ils contribuer à l’agriculture biologique? Mariés, Pamela C. Ronald et Raoul W. Adamchak forment un couple inhabituel; lui, pratique l'agriculture biologique (organic farming), elle est professeur de génétique végétale à l'université de Californie à Davis et a développé de nouvelles variétés de riz résistantes aux stress et maladies. Ils ont publié en 2008 un livre intitulé "Tomorrow's Table, Organic Farming, Genetics and the Future of Food" (La table de demain: agriculture biologique, génétique et la nourriture du futur). Comme chaque américain ils consomment depuis des années, du maïs sucré, des papayes et des courges transgéniques.

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Confrontés aux problèmes de l'agriculture moderne, production de proximité, diminution des intrants (pesticides, engrais), besoin d'un revenu décent, les deux partenaires plaident pour une agriculture intégrant de manière raisonnée les progrès de la biologie moderne et, parmi eux bien entendu, ceux apporté par les biotechnologies au travers des variétés végétales génétiquement modifiées (OGM). Cet ouvrage (non disponible en français pour le moment) rapporte de manière très vivante les débats ouverts qui ont lieu en Californie, état américain qu'un certain art de vivre rapproche de l'Europe. Ce genre de débat n'est pour le moment pas possible en Suisse et Europe; figés dans un dogmatisme d'un autre âge, instrumentalisé par certains milieux politiques, soutenus par la grande distribution qui engrange de juteux bénéfices, les milieux de l'agriculture biologiques sont réfractaires à toute mise en cause de leurs certitudes. Ils ne trouvent que bénéfices dans une attitude conservatrice qui n'est jamais remise en cause.

Une étude en cours dans le cadre du programme national de recherche PNR 59 (voir le rapport N°2), semble montrer que confronté à un réel choix, le consommateur n'hésite pas à acheter un produit étiqueté OGM si il est bien informé. C'est signe qu'il y a un futur pour un dialogue entre agriculteurs, scientifiques et consommateurs et que de réels progrès de l'agriculture sont possibles même chez nous.

 

Commentaires

Professeur , c'est toujours avec plaisir que je lis vos blogs,je ne suis pas d'accord avec vous, mais le débat me passionne.
Je suis donc surpris de vous lire régulièrement avec des positions dogmatiques anti "BIO".
En effet, il me paraît curieux de considérer que le BRF (bois raméal fragmenté) n'est pas innovant, ni les associations végétales en agronomie. De plus, l'usage de plantes mychorizées ainsi que l'usage de ces mychorizes en épandage ne me semblent pas si anciens. Je pourrais encore citer l'utilisation de décoctions de composte en pulvérisation foliaire afin d'établir des populations de champignons antagonistes aux organismes pathogènes... Bref, le champs de recherches en biologie avec des applications en "bio" est infini!

Il me sembles aussi devoir rappeler que le "Bio" est produit par des entrepreneurs et acheter par des clients. Ces personnes partagent des valeurs communes, elles considèrent que les produits phytosanitaires issus des plantes se dégradent plus facilement dans l'environnement et ils ne souhaitent pas consommer certain produits. C'est la liberté du commerce!

Pour en revenir aux plantes génétiquement modifiées, si l'on peut admettre que certaines plantes modifiées n'auront pas d'impact sur la santé des consommateurs,d'autre poseront des dificultés.
Il nous manque aussi le recul pour évaluer les impacts environnementaux: dissémination, impact sur la faune etc. La précipitation et les pressions sur les milieux politiques font craindre un manque de transparence.

Nous avons absolument besoin de compétence scientifique en matière transgénique!Mais je souhaite aussi pouvoir garder en tant que décideur une confiance absolu avec les milieux scientifiques,

Merci de participer à ce débat public mais rappelez-vous que vous êtes lu aussi par de opposant qui peuvent être des élus...


Christian Bavarel
jardinier, député vert
au Grand Conseil Genevois


p.s. je suis diposé a discuter de ce sujet avec vous autour d'un café à Genève Lausanne ou même Berrole.

Écrit par : Bavarel Christian | 12/05/2009

Qui aime bien châtie bien.
Je suis un chaud partisan d'une agriculture biologique, d'une diminution drastique des intrants et d'une meilleurs gestion des sols.
Il est vrai que je suis critique, non pas des méthodes utilisées par l'agriculture biologique, ni des efforts constants que les paysans BIO et le FIBL (Forschung Institut für Biologisches Landbau)font pour améliorer la situation, mais de l'attitude dogmatique majoritaire dans la communauté BIO.
Ceci dit et pour être clair, qu'il s'agisse du "bois raméal" ou de l'utilisation d'associations végétales je ne considère pas ceci comme des nouveautés mais simplement comme une application raisonnée et améliorée de méthodes traditionnelles. Ces méthodes par ailleurs très efficaces sont d'ailleurs utilisées par des agriculteurs non-bio.
Merci encore pour votre contribution à la discussion, et pour une rencontre autour d'un verre de blanc ou un café.

Écrit par : lerupestre | 13/05/2009

le BRF va automatiquement avec l’absence d'intrants, dixit Jacky Dupéty, maraîcher qui utilise cette méthode depuis des années...
avec une très nette amélioration de la production et qui plus est de grande qualité à l'étonnement des autres maraîchers voisins (il est dans une région de Causses)...

Quant aux associations végétales, elles sont le propre de l'agriculture bio, qui n'est plus nouvelle mais demeure hélas absente des champs cultivés de façon intensive, productiviste. Et il n'y a pas qu'une agriculture biologique mais des agricultures biologiques (biodynamie, agroécologie, permaculture, etc.) qui montrent toutes leurs grandes qualités de respect de l'écosystème et par conséquent de la santé humaine également (cf. les allergologues, éco-toxicologues, cancérologues, ...), et aujourd'hui également de bons résultats en termes de production. Quant aux OGM, il est instructif d'entendre des scientifiques comme le biologiste Jacques Testart ou le généticien Christian Vélot... qui ne sont pas franchement chauds pour les OGM alimentaires et cultivés en plein champs, pestant contre l'absence d'études de trois mois comme il est d'usage (celle sur les rats avait déjà montré de sérieux dégâts sur ceux-ci au bout de trois semaines, ce n'est pas rassurant, et une raison de plus pour investiguer et ne pas céder aux sirènes progressistes scientistes obscurantistes d'apprentis sorciers).
D'autant que, outre être une invention au service d'intérêts avant tout privés... leur utilisation en Inde ou en Afrique a montré au bout de quelque temps, après un premier engouement, une chute de la production et créé une situation terrible cause de nombreux suicides. Le contraire de ce qui continue d'être annoncé, prétendu.
Science sans conscience...
La science doit demeurer au service de la vie, et être citoyenne.

Il est important aussi de connaître le travail et constat du scientifique Jean-Claude Pérez sur l’ADN et les OGM montrant que la suite de Fibonacci présente dans l’architecture de toute forme de vie, notamment végétale, est rompue dans les OGM… ce qui signifie chaos, donc...

Et enfin, l'agriculture intensive cause une érosion et un épuisement des sols, selon les microbiologistes des sols Claude et Lydia Bourguignon, qui réparent les dégâts en ressuscitant des sols avec d'autres techniques, tel le semis direct, résurrection qui sauve par voie de conséquence des économies rurales, et donc des vies, tout bonnement.

Écrit par : Heli | 18/02/2011

ce que je cherchais, merci

Écrit par : Jutuarbubomia | 23/11/2013

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