05/10/2008

Eau en carafe et pensée en carafe

Manger et boire dans la perspective du développement durable quel magnifique programme; revenons donc sur une idée qui a remué les esprits au début de cet été: interdire l'eau en bouteille; voilà qui est frappé du bon sens ; n’y a-t’il pas que le vin qui mérite le flacon?

Quand on y pense comment avons-nous pu nous, d’une génération pas si « out » que cela,  passer notre enfance et notre jeunesse dans un pays aussi civilisé que la Suisse sans disposer de cette commodité ? La raison est qu’elle est superflue et que ce fut d’abord une médecine. Seuls les vieux messieurs et les vieilles dames buvaient de l’eau en bouteille, cette eau contenait des sels diurétiques, digestifs, parfois mêmes radioactifs, ce qui suffisait pour tenir les enfants à distance. Quand il n’y avait pas d’eau potable et bien on la cuisait et on en faisait du thé ou de la limonade. Au petit bistrot où mon grand-père me menait, j’avais droit, pendant qu’il buvait son verre, au sirop grenadine agrémenté d’une eau de siphon abondamment gazeuse. En course de montagne, l’eau du torrent coupée de fendant faisait merveille pour étancher la soif. Mais une bouteille, personne n’en avait besoin et n’en avait donc l’idée. Il est bien connu qu’en Suisse, aucun village n’est suffisamment distant d’un autre pour que l’on sente la soif lorsqu'on parcoure le pays. Il existe une vallée de la soif au pied du Jura vaudois mais ça reste une curiosité remarquable.

Nous avons à faire, avec l’eau en bouteille, à une denrée pratiquement inutile si ce n’est pour des raisons médicales ; mais même la médecine a changé et nous n’allons plus aux eaux. Imaginer que l’on puisse l'interdire revient donc à proposer une expérience nature sur les capacités de l’être humain du 21ème siècle à  remettre en cause ses comportement aberrants. On ne prend aucun risque sanitaire, au mieux un petit risque économique pour ceux qui vivent de ce commerce. Si nous ne sommes pas en mesure de réaliser cet objectif minimaliste, c’est que nous ne sommes pas prêts à nous sacrifier pour préserver nos ressources et notre environnement.

Genève interdit la tabagie dans les lieux publiques c’est bien, même si il faut passer par une législation encore à faire ; un magistrat zélé veut faire manger ses concitoyens selon les principes du développement durable c’est louable. Mais tout ceci n’est que de la politique futile qui ne sert qu’à se faire élire lors des prochaines échéances. On jugera tout cela sur les résultats ; pour cela il faut que chacun sorte son esprit critique et sa raison de la carafe où les ont enfermées des années de publicité, de marketing éhonté et de mensonges. A lire la presse de boulevard et à voir la télévision d’aujourd’hui, ce ne sera pas facile. C'est bien ce matraquage qu'il faudra interdire d'abord et avant tout.

04/10/2008

Enfin une récompense

Les bonnes nouvelles sont rares, mais il y avait une en cette fin de semaine. Le rupestre était déjà très satisfait de l'augmentation des surfaces de roches et autres bétons mises à disposition des rupestres vaudois par la mise en route du métro M2, il avait vu avec nostalgie les vaches ruper leur dernière herbes d'alpage et suivit la dernière desalpe de ce samedi et voilà maintenant qu'il obtient un prix prestigieux, même si c'est bien entendu collectivement et qu'il doit le partager avec tous ses concitoyens .

En effet, en ce froid début d'automne 2008 tombe une nouvelle que personne n'attendait mais qui nous réjouit tous: le prix Ig Noble de la paix vient d'être décerné en date du 2 octobre 2008 à la Commission Fédérale d'Ethique dans le Domaine Non-Humain (EKAH) et aux citoyens suisses. Il s'agit d'un honneur rare et qui pour la première foi honore le travail d'un collectif de scientifiques travaillant pour la Confédération Hélvétique sur mandat du peuple suisse.  C'est donc sur notre gouvernement et sur nous tous que rejaillit la gloire. L'EKAH a été représentée à Harvard par l'un de ses membre éminent, le Dr. Urs Thurnherr de Karlsruhe qui a fait le déplacement à ses frais (ça ne coute rien au contribuable).  Le prix nous est bien entendu attribué pour avoir adopté le principe légal de la dignité des plantes.

Je ne peux qu'inviter chacun, en ces jours froids et pluvieux à lire attentivement le texte original du rapport, si il ne l'a déjà fait, pour en apprécier le caractère complexe et le côté surréaliste. Il comprendra alors tout le sens du prix qui vient de lui être attribué ad personam. 

Pour conclure et parachever ce petit mot récitons tous en coeur la devise humaniste du prix IgNoble " Rire d'abord et penser ensuite"  .